Les paysages au cœur de la transition énergétique

Dans un contexte où l’Etat vient d'annoncer les lauréats du plan « 100 territoires d’électrification », le Collectif Paysages de l’après-pétrole (PAP) travaille au sein d’un réseau des acteurs du paysage sur le recensement d’une centaine de territoires ayant mené la transition écologique par le paysage. Jean-Pierre Thibault, son président, nous en parle.

Dans quel contexte s’inscrit cette liste des 100 paysages en transition  ?

Il y a cinq ans, un « réseau des acteurs du paysage » (RAP) s’est constitué. Il rassemble une quinzaine de structures, dont le Collectif PAP, des associations de paysagistes-concepteurs, la Fédération nationale des Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE), des agences d’urbanisme, des Parcs naturels régionaux (PNR), des Schémas de cohérence territoriale (Scot), le réseau des Grands Sites de France ou encore des Sites patrimoniaux remarquables. Le réseau Cler va prochainement le rejoindre.  

En croisant nos expertises, nous avons identifié un besoin : recenser et valoriser des territoires exemplaires en matière de transition écologique ou énergétique par le paysage. L’objectif est de rendre ces initiatives plus visibles, notamment auprès des décideurs publics nationaux ou régionaux et de montrer que la « méthode paysage » est efficace à plusieurs échelles et dans de nombreuses dimensions (climat, biodiversité, risques…).  

Quel est l’objectif de cette démarche ?

Nous sommes convaincus que la transition énergétique se joue d’abord dans les territoires. Notre intention est de montrer que cette dynamique est déjà à l’œuvre partout en France et d’éclairer les politiques nationales pour en favoriser la généralisation. 

« Il s’agit donc, grâce aux démarches paysagères, de mettre en mouvement les territoires pour la transition énergétique. »

Jean-Pierre Thibault Président du Collectif Paysages de l’après-pétrole

Comment cette liste a-t-elle été élaborée et que contient-elle ?

Les membres du réseau ont identifié les territoires de leur périmètre méritant d’y figurer. La liste recense aujourd’hui 101 territoires et a vocation à s’enrichir. Actuellement, le document se présente sous la forme d’un tableau décrivant l’intérêt spécifique du lieu et l’acteur qui porte la démarche. Il sera prochainement mis en forme, puis décliné en version numérique, par mots-clés thématiques ou géographiques. 

Il rassemble des territoires variés, en Métropole et en outre-mer : pays, intercommunalités, communes, exploitations agricoles… On y retrouve par exemple le Scot de Metz, des forêts d’exception gérées par l’ONF, la Biovallée dans la Drôme, une partie du Grand Site de France du Canigó, le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, les Centrales Villageoises des Baronnies provençales ou encore la chaussée royale à Saint-Paul de La Réunion. 

Quels sont les critères pour qualifier de « bon » un projet d’énergie renouvelable ?

Un projet d’énergie renouvelable est « bon » lorsqu’il s’inscrit de manière pertinente dans les lignes de force du paysage et contribue à son embellissement. À l’inverse, certains parcs éoliens mal implantés, pensés uniquement selon des logiques foncières, peuvent être mal perçus. Un « bon » projet énergétique territorial commence par l’efficacité énergétique : amélioration de l’isolation des bâtiments, promotion des mobilités actives, lutte contre l’étalement urbain, etc. Les énergies renouvelables s’inscrivent dans une démarche globale où la méthode paysage guide à la fois les implantations et les politiques de sobriété.