Atlas de la biodiversité communale : un outil pour planifier les énergies renouvelables

Adoptés par plus de 5000 communes en France, les Atlas de la biodiversité communale répertorient la faune, la flore et les habitats naturels d’un territoire. Ils aident ainsi à mieux prendre en compte les enjeux de biodiversité dans les projets d’urbanisme. Créateur de la démarche, le Parc naturel régional de Lorraine s’est appuyé sur son atlas pour définir des zones d’exclusion et des zones favorables à l’installation d’énergies renouvelables. À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité du 22 mai, découvrez cet outil d’aide à la décision avec Nicolas Courivaud, chargé de mission Atlas de la biodiversité communale au Parc naturel régional de Lorraine.

En 16 ans, de 2005 à 2021, la production d’énergies renouvelables au sein du Parc naturel régional de Lorraine (PnrL) a augmenté de plus de 120 % (+538 GWh). Un essor encadré et accompagné par la Charte 2015-2030 du parc, et par des documents comme les Atlas de la biodiversité communale (ABC). 

Menée de 1993 à 2014, cette démarche a consisté à répertorier la faune, la flore et les habitats naturels présents sur les 191 communes membres du Parc, toutes volontaires pour y figurer. « L’Atlas de la biodiversité communale permet à la fois de faire un état des lieux de la biodiversité de notre territoire, de sensibiliser la population à l’environnement, et de fournir aux élus, aménageurs, et tout utilisateur de l’espace communal, un outil d’aide à la décision », expose Nicolas Courivaud, chargé de mission Atlas de la biodiversité communale au Parc naturel régional de Lorraine. 

Identifier des zones plus favorables aux installations d’énergies renouvelables

Le Parc naturel régional de Lorraine s’est ainsi appuyé sur l’Atlas de la biodiversité communale pour élaborer ses différentes stratégies en matière d’éolien, de solaire et de méthanisation. L’identification de zones à enjeux en matière de biodiversité lui a permis de définir des zones où il est contre-indiqué d’implanter des projets d’énergies renouvelables. « Cela évite aux promoteurs de cibler des espaces où le parc risque de donner un avis défavorable et qui a de fortes chances d’être suivi par la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) », souligne le chargé de mission.  

Envisagé comme un outil de dialogue au sein du territoire mais aussi avec les porteurs de projets, l’Atlas de la biodiversité communale aide à faire en sorte que ces derniers intègrent au mieux les attentes et les enjeux du parc. « Il fournit une base solide pour que l’étude d’impact et les mesures ERC (Eviter, réduire, compenser) soient en adéquation avec la réalité du territoire », estime Nicolas Courivaud. 

« L’Atlas de la biodiversité communale a été notre base de travail pour élaborer nos différentes stratégies en matière d’éolien, de solaire et de méthanisation. »

Nicolas Courivaudchargé de mission Atlas de la biodiversité communale au sein du Parc naturel régional de Lorraine

Actualisation de l’Atlas de la biodiversité communale

Trois critères principaux peuvent exclure certains espaces des zones d’accélération des énergies renouvelables. Leur protection par les lois européennes et françaises, la présence d’espèces patrimoniales – la cigogne noire par exemple –, et les atteintes possibles au paysage. « À l’ouest, nous avons les côtes de Meuse, un territoire de cuestas doté d’un micro-climat sub-montagnard et d’une biodiversité bien spécifique, décrit Nicolas Courivaud. Si des éoliennes y étaient installées, non seulement le paysage serait déstructuré, mais il y aurait des impacts sur le micro-climat et donc indirectement sur la biodiversité. »  

Conscient que ses Atlas de la biodiversité communale commencent à montrer certaines limites dues à leur ancienneté, le Parc naturel régional de Lorraine a décidé de les mettre à jour. Cette actualisation, lancée en 2025 et prévue pour se terminer en 2029, permettra d’observer de quelle manière l’occupation des sols et la biodiversité ont évolué ces trente dernières années au sein du parc. « Nous saurons alors si nous avons réussi à protéger les zones à enjeux identifiées à l’époque », espère Nicolas Courivaud.