Impact des nouveaux financements de la transition énergétique
À l’horizon 2026, trois dispositifs vont entrer en vigueur et déterminer l’avenir du financement de la transition énergétique. Quelles vont être les répercussions sur les factures des ménages en France ?
ETS 2, le nouveau marché carbone bâtiments-transports
En 2027, le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre européen va être étendu aux secteurs du bâtiment et du transport routier. Ce marché carbone va faire augmenter les prix des énergies fossiles. « Si des mesures compensatoires ne sont pas mises en place, le gros rouleur de diesel va voir sa facture de carburant augmenter, comme la personne qui se chauffe au fioul. Si l’on vit dans une passoire énergétique, on va consommer encore plus et être davantage impacté », estime Étienne Charbit, responsable de projets Europe au réseau Cler.
La sixième période des certificats d’économie d’énergie (CEE)
Créés par la loi du 13 juillet 2024, les CEE visent à réduire la production de gaz à effet de serre. Les fournisseurs d’énergie carbonée doivent réaliser des actions d’économie d’énergie. L’État fixe chaque année un objectif à atteindre sur cinq ans, sous peine de sanctions financières. « La sixième période va entrer en vigueur en 2026. Dans l’hypothèse d’un doublement du niveau de l’obligation, les CEE représenteraient 6 % sur la facture des ménages. Il faut réorienter ce dispositif vers des économies d’énergie réelles », estime Étienne Charbit.
Les certificats de production de biogaz (CPB)
Les CPB ont été introduits par la loi Climat et résilience en 2021 afin de soutenir la production et l’usage de biométhane. À partir de 2026, les fournisseurs de gaz naturel devront restituer ces certificats, en fonction du volume commercialisé, sous peine d’une amende administrative. Objectif : accroître la production de gaz vert dans les réseaux.
« À chaque fois qu’on taxe un fournisseur de gaz, il faut le répercuter quelque part. Si rien n’est fait, cela va avoir un impact sur la facture des ménages », conclut Étienne Charbit.