En Pays de la Loire, « pas de transition sans coopération » !

Depuis 2018, la Communauté de commune Erdres et Gesvres a intégré le programme transition énergétique et sociétale, coordonné par l'IMT Atlantique. Objectif : expérimenter des coopérations sur les territoires et accélérer les changements de modes de vie.

Réduire les consommations énergétiques de 50 % et augmenter la part d’énergies renouvelables. Face à l’urgence climatique, la ligne à adopter pour les 25 prochaines années est plutôt claire. Reste à savoir comment mobiliser la société civile pour y arriver. C’est le but du programme de transition énergétique et sociétale (TES) lancé en 2015 au sein du collège des transitions sociétales hébergé par l’IMT Atlantique. Pour sa seconde phase démarrée en 2018, le programme de recherche-action s’appuie sur trois nouveaux territoires d’expérimentation, dont la Communauté de communes d’Erdre et Gesvres, adhérent du CLER – Réseau pour la transition énergétique, membre du réseau des Territoires à énergie positive, que nous animons.

« Six leviers nous permettent de changer les comportements des habitants »

« Notre particularité est d’avoir un conseil de développement très actif depuis plus de 10 ans, souligne Marion Richarté, responsable du service développement durable. C’est grâce à lui que nous avons pu élaborer notre Plan Climat et notre stratégie de développement durable de façon très participative. » Depuis son entrée dans le programme TES, la communauté de communes utilise les échanges avec les représentants des autres territoires observés (Redon Agglomération et la Communauté de communes du Pays de Pouzauges) pour aller plus loin dans le faire-ensemble et accélérer les transitions.

Agir de façon systémique

L’intercommunalité a ainsi pu passer sa stratégie développement durable sous la grille des modes de vie établie par le programme. « Il y a six leviers qui permettent de changer les comportements des habitants, détaille Marion Richarté. Les représentations, les habitudes, les règlementations, les objets et systèmes comme la possibilité de louer des vélos électriques, les infrastructures comme les pistes cyclables et le système économique et social qui peut favoriser les circuits courts ou l’écoconstruction par exemple. » A la « comm’ comm », chacun des six leviers est activé. « Aborder les comportements avec cette grille-là montre qu’il faut faire les choses de façon systémique. Si on veut la transition, il faut des coopérations ! On sait concerter les gens pour la construction de politiques publiques mais on ne sait pas forcément faire avec eux. »

Pour favoriser le faire-ensemble, la Communauté de communes d’Erdre et Gesvres travaille à la création d’un réseau d’appui aux porteurs de projets. Cette Fabrique réunira une quinzaine de personnes, acteurs du territoire ou salariés des structures partenaires du programme TES. L’idée ? Construire une banque de projets et accompagner les citoyens, associations, acteurs économiques ou agricoles qui souhaitent s’engager. « Les porteurs de projets auront un référent et un groupe opérationnel d’appui qui les aidera à se poser les bonnes questions et entrer en relation avec des personnes ressources », raconte Marion Richarté. Si ce réseau n’a pas vocation à financer des actions, la communauté de communes réfléchit aussi au lancement d’une fondation qui disposeraient de fonds publics, privés et participatifs pour donner un coup de pouce aux initiatives qui en auraient besoin.

Au-delà des outils construits au sein du programme, les entretiens menés par Samuel Aubin, sociologue et co-fondateur du programme TES, ont aussi permis à l’intercommunalité d’identifier certaines problématiques qui avaient jusque-là échappé aux radars. Les experts ont ainsi souligné le risque de fracture entre des communes du sud, proches de Nantes où le foncier est plus cher et les autres où les revenus sont plus faibles. « Le risque c’est que les différences deviennent de plus en plus criantes, résume Marion Richarté. La cohésion sociale doit être au cœur des préoccupations pour accompagner les plus fragiles face à la crise énergétique et sociétale. »

Par Claire Le Nestour, journaliste. Article tiré de la revue du CLER – Réseau pour la transition énergétique Notre énergie.

Publication

Engager la transition – le récit des acteurs municipaux

Notre énergie – 24 pages.
Avril 2020

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