Biomasse Normandie : quarante ans au service de la transition écologique des territoires

L’association Biomasse Normandie vient de fêter son quarantième anniversaire au service de la transition écologique territoriale. Gestion et valorisation des déchets, promotion du bois énergie, maîtrise et connaissance de l'énergie… Marie Guilet, sa directrice, nous raconte.

Quelles sont les missions de Biomasse Normandie ?

Marie Guilet : Biomasse Normandie a pour but d’accélérer le déploiement de la transition sur les territoires, via des actions d’animation et d’observation, d’ingénierie et de conseil territorial.  L’animation territoriale est la marque de fabrique de l’association : nous jouons  un  rôle de catalyseur dans la mise en œuvre de projets et animons plusieurs filières, dont la filière bois énergie depuis près de 30 ans.

Nous co-animons également  l’Observatoire des déchets, de la ressource et de l’économie circulaire en Normandie et  l’Observatoire régional énergie climat air (ORECAN).  Nous accompagnons aussi les particuliers dans le cadre de leurs travaux de rénovation énergétique (maisons individuelles et copropriétés), à travers l’espace Conseil France Rénov sur le Calvados.

Comment envisagez-vous l’avenir de la transition sur le territoire normand ?

M.G : Les évolutions en matière de  transition énergétique sont encore timides en Normandie. La part d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie atteint seulement 10 %, alors que notre objectif est de 33% en 2030. On est donc encore très loin !  La consommation d’énergie finale peine à baisser significativement. 

La Normandie  possède un tissu industriel important, un fort  secteur agricole, de grosses métropoles comme le Havre et des territoires ruraux. Il faut donc réussir à embarquer des acteurs très disparates, qui n’ont ni les mêmes enjeux ni les mêmes vitesses de décision et encore moins les mêmes moyens d’action.  L’enjeu est de réussir à faire coopérer les acteurs qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.

Comment pouvons-nous mieux mobiliser la biomasse ?

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M.G : La biomasse est une ressource vivante, fragilisée par les évolutions climatiques, qu’il faut préserver. Si on parle d’énergie, elle concerne la chaleur, le gaz,  le méthane ou la pyrogazéification. Là où le résidentiel et le tertiaire auront des besoins plus saisonniers et privilégieront les réseaux de chaleur, l’industrie elle nécessite une production constante avec de gros appels de puissance et le recours au gaz vert.

Pour que la biomasse prenne sa part dans la transition nous devons réduire notre consommation globale. L’élaboration de stratégies territoriales doit nous permettre de faire concorder les différents usagers sans opposer les acteurs et les filières.

En Normandie, avec le plan Bois-énergie, nous avons mis en place un suivi des consommations actuelles et à venir. Au regard du nombre de projets en cours, il va falloir répondre à l’augmentation de la consommation en bois, en allant le chercher dans des régions où il est peu consommé. Cela suppose de remettre en place des moyens de transport plus écologiques, comme le fret ferroviaire.

Vous représentez Biomasse Normandie au Conseil d’administration du CLER-Réseau pour la transition énergétique. Que souhaitez-vous y défendre ?

M.G : Le CLER – Réseau pour la transition énergétique joue un rôle de poil à gratter pour porter haut nos sujets et réussir à faire passer les messages importants pour la démocratie. Nous  soutenons la nécessité de poser des questions difficiles, de vraies réflexions,  engagées. Dans les situations d’urgence, on peut avoir parfois tendance à défendre une vision à court terme, or nous avons besoin de faire émerger des positionnements de moyen et long termes. Nous souhaitons participer à ce travail collaboratif, vraiment indispensable !