« Dans notre métier, c’est le relationnel qui compte, pas le genre »

Ingénieure en génie civile et responsable du pôle construction éolien chez Valréa, Agathe Klein évolue depuis près de vingt ans dans un milieu très masculin. Un parcours qu'elle qualifie de « naturel ».

Le vécu d’une femme dans un milieu d’homme ? La question laisse Agathe Klein un peu perplexe. Son entrée dans une école d’ingénieurs – très masculine – à Strasbourg, en 2003 ? Son intégration dans une « promo » génie civil qui ne compte que 10 à 20 % de filles ? Le maniement du marteau-piqueur lors d’un stage dans le BTP ? Rien de plus naturel pour la nouvelle responsable du pôle construction éolien de Valrea, filiale de Valorem dédiée aux énergies alternatives. La jeune ingénieure, qui pratique autant la natation que la moto, ne s’est jamais sentie limitée dans ses choix en raison de son sexe. « Une question de génération, sans doute. Pour les trentenaires, c’est normal », avance-t-elle. « C’est vrai qu’au bureau d’études électricité de Valorem, on trouve peu de femmes, que lors des soirées, ce sont plutôt les hommes qui me parlent d’énergie et de batteries, mais quand je visite des salons professionnels, je vois aussi de plus en plus de femmes ! ».

Une affaire de caractère

Fascinée par les éoliennes, elle débute par un stage chez Valrea. Embauchée en 2008, Agathe Klein y travaille toujours. Les équipes de prestataires qu’elle rencontre régulièrement en réunion de chantier sont exclusivement composées d’hommes.  Et l’ingénieure croise rarement des élues. Qu’importe… « Dans notre métier, c’est le relationnel qui compte, le caractère, la façon de communiquer, pas le genre », assure-t-elle.  Tout au plus concède-t-elle la nécessité de s’imposer un peu face aux superviseurs, des hommes encore. Mais il en faut plus pour la déstabiliser. « Il suffit d’établir une relation de confiance, d’écouter mais sans hésiter à les remettre en cause si nécessaire, montrer que l’on a de l’expérience et des connaissances. Nous nous apportons mutuellement beaucoup. » Chez Valrea, qui vise – et atteint – la parité, Agathe a trouvé une culture d’entreprise à la hauteur de ses exigences. « Il a juste fallu se battre pour les salaires. Était-ce une question d’âge ou de tempérament ? Je ne sais pas, mais l’écart a été comblé depuis longtemps. » La maternité ne pose pas de problème et les horaires permettent de gérer harmonieusement vie personnelle et vie professionnelle. En termes de missions, de responsabilités ou d’évolution, Agathe s’y est toujours sentie en position d’égalité.

 

Par Nadia Gorbatko, journaliste

BIO

  • Février 2008 : stage de fin d’étude chez Valrea, à Rouen (76) en tant que stagiaire ingénieure projet, AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage) construction parc éolien.
  • Juillet 2008 : entrée chez Valrea en CDI, comme ingénieure projet pour de l’AMO, de la MOE (maîtrise d’oeuvre) puis de la construction de parcs éoliens clés en main.
  • Février 2020 : nomination au poste de responsable du pôle construction éolien.
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