Financer la transition pour améliorer le quotidien de toutes et tous
Favoriser l’autopartage entre particuliers, rénover son logement malgré de faibles revenus ou apprendre à mieux maîtriser sa consommation et ses factures d’énergie… Partout en France, des aides financières comme MaPrimeRénov’ ou les programmes CEE améliorent le quotidien de centaines de personnes mais ces exemples d’actions menées dans certains territoires doivent être généralisées pour toucher encore plus de ménages. Tour d’horizon.
Grâce au programme Tims, l’autopartage entre particuliers tisse sa toile à Chemillé-en-Anjou
À Chemillé-en-Anjou, depuis 2021, une vingtaine d’habitantes et habitants de Chemillé, la ville centre, se partagent cinq véhicules. Parmi eux, des personnes qui mettent à disposition leur voiture, et d’autres qui n’en possèdent pas mais en ont besoin de temps en temps pour se déplacer. Géré avec l’application Coloc’Auto, ce système d’autopartage est porté par l’association Atout Vent en Chemillois, et accompagné par l’association Alisée pour le consortium MERCIS ainsi que par le centre social et socioculturel du Chemillois. « Certains utilisateurs se permettent des déplacements qu’ils ne faisaient pas avant, constate Louise Briodeau, chargée d’éducation et mobilité au sein d’Alisée. Pour d’autres, c’est un moyen de simplifier des trajets qui nécessitent de prendre trois voire quatre transports en commun différents. »
Soutenu par le programme Tims, l’autopartage s’ouvre peu à peu à d’autres habitantes et habitants de la commune nouvelle. Depuis quelques mois, il peut être utilisé par des personnes en précarité-mobilité qui ont besoin d’un véhicule en urgence et sur une courte période. Atout Vent en Chemillois souhaite aussi s’appuyer sur ce financement pour créer d’autres groupes d’autopartage sur les communes déléguées de Chemillé-en-Anjou. Enfin, un minibus est mutualisé depuis un an entre deux clubs de basket, évitant de nombreux allers-retours aux parents et aux grands-parents pour amener les jeunes joueurs aux entraînements et aux matchs. « Cela réduit considérablement le nombre de trajets tout en faisant du lien entre les générations », souligne Louise Briodeau.
« L’autopartage permet de simplifier des trajets qui nécessitent parfois de prendre quatre transports en commun différents. »
Louise BriodeauChargée d’éducation et mobilité au sein d’Alisée
Avec 1DigneToit, la rénovation devient accessible aux plus modestes
Dans les Hauts-de-France, le programme 1DigneToit lutte contre la précarité énergétique des propriétaires à très faibles revenus grâce à un accompagnement à la fois humain, technique et financier. Un bénévole du Secours catholique est présent aux côtés des personnes du début à la fin de la rénovation énergétique de leur logement, tandis que des expert·es du Réseau Éco Habitat (REH) interviennent sur les aspects techniques et sociofinanciers. REH monte notamment les dossiers de demande de financement auprès de MaPrimeRénov’, de fondations, de caisses de retraite ou encore de mutuelles.
« Ce double accompagnement est très important, car le bénévole facilite les relations entre les familles, REH et les entreprises, explique Nadine Eliard, bénévole au Secours catholique. Il réexplique certaines choses, remotive les familles qui peuvent parfois se décourager face à la longueur et à la complexité des projets. » Ces familles vivent dans des logements très mal voire pas isolés, les obligeant à faire des choix : ne pas se chauffer ou bien se priver, notamment sur l’alimentation, pour pouvoir payer leurs factures d’énergie.
Entre 2019 et 2024, le programme 1DigneToit a permis de rénover 111 logements dans les Hauts-de-France. « Cela apporte des améliorations qui vont au-delà de l’aspect économique, souligne Nadine Eliard. Il y a des impacts sur la santé, la confiance en soi, le retour vers l’emploi. La vie des familles change. » Pour preuve, maintenant que sa maison est isolée et mieux chauffée, un père va pouvoir accueillir son fils le weekend et durant les vacances.
Précarité énergétique : la Vienne s’engage grâce au programme Slime
Chaque année depuis 2023, le Département de la Vienne repère et accompagne 411 ménages en situation de précarité énergétique et confrontés à des difficultés financières. Il y parvient à travers son Accompagnement à la maîtrise de l’énergie et de l’eau (AM2E) financé à près de 50 % par le programme Slime, soit 150 000 euros par an. « Nous avons voulu mettre en place un travail de prévention et d’accompagnement pour éviter que les difficultés ne s’installent », indique Caroline Raymond, responsable du pôle Logement et Insertion sociale de la Vienne.
Les ménages rencontrent des conseillères conseillers en économie sociale et familiale (CESF) spécifiquement formés et employés par le Fonds solidarité logement de la Vienne (FSL 86). « Ils viennent à domicile afin de faire un diagnostic sociotechnique, explique Fanny Bouster, chargée de mission précarité énergétique et insertion sociale au sein du Département. Tout est passé en revue : habitudes de consommation, surconsommation éventuelle de certains appareils, spécificités du bâti, factures, contrats, ouvertures de droits comme le chèque énergie, demandes d’allocations… » Outre la sensibilisation aux écogestes, la visite est l’occasion d’installer de petits équipements qui améliorent le confort et réduisent la consommation d’énergie.
Chaque situation est ensuite présentée à une commission qui formule des préconisations : orientation vers la Maison des solidarités, relogement, accompagnement à la gestion d’un budget, ou encore signalement lorsqu’il y a suspicion d’indécence ou d’insalubrité. La commission peut aussi attribuer un fonds éco-travaux allant jusqu’à 500 euros. « Les personnes accompagnées nous disent qu’elles ont une sensation de froid qui est clairement réduite, rapporte Fanny Bouster. Tout en acquérant une meilleure gestion de leur consommation d’énergie, elles parviennent à mieux maîtriser et à mieux comprendre leurs factures. »
Avec MaPrimeRénov’, la rénovation qui change tout
Marié et père de deux enfants en bas âge, Valérian Brulland dépensait plus de 4 000 euros par an en frais d’énergie, principalement pour chauffer sa maison construite en 1960 et classée F au DPE. Ce qui n’empêchait pas cette famille de Chambéry d’avoir « hyper froid » en hiver puisque le thermomètre intérieur atteignait difficilement les 17 °C à 18 °C. En été, la situation n’était pas beaucoup plus enviable puisque la température pouvait monter à plus de 32 °C au premier étage. Installé en 2023, le couple rencontre dès l’année suivante une conseillère de l’ASDER. Elle l’incite à adopter une approche globale et à lancer tous les travaux de rénovation énergétique d’un coup afin de bénéficier de l’ensemble des aides financières disponibles.
Puis Valérian Brulland sollicite un accompagnateur MaPrimeRénov’ qui l’aide à monter le dossier de financement. D’un montant de 69 000 euros, la rénovation a été financée grâce à une aide MaPrimeRénov’ de 38 000 euros et à un prêt à taux zéro. Ce budget a notamment permis d’isoler la maison sur le plan thermique, d’installer une pompe à chaleur et une VMC, de remplacer certaines huisseries et d’isoler les rampants. Résultat, la maison est aujourd’hui plus chaude en hiver, entre 19 °C et 20 °C, mais la facture d’énergie est passée à 1 800 euros par an. « Cette rénovation nous a demandé beaucoup de persévérance, notamment pour obtenir le versement des aides, mais ça en valait la chandelle, se réjouit Valérian Brulland. La température est désormais stable dans toutes les pièces et les parois sont chaudes. On voit clairement la différence en matière de confort, de dépenses et d’efficacité énergétique ! »










