Dans les Vosges, un plan climat porté par le schéma de cohérence territoriale

Dans les Vosges centrales, les élus ont soutenu la montée en puissance du Scot, dont une révision a été approuvée en 2019, sur les questions énergie-climat.

S’étendant sur 140 000 hectares autour de l’agglomération d’Épinal, le Scot (Schéma de cohérence territorial) des Vosges centrales recouvre un territoire rural entre forêt et agriculture. Pour ses cinq intercommunalités et 123 communes disposant de ressources et d’ingénierie limitées sur la question énergétique, l’animation territoriale est un défi.

Dans cette configuration, le SCoT peut être un outil-clé d’animation et de planification stratégique. Cadre de référence pour les différentes politiques sectorielles, notamment sur les questions d’organisation de l’espace et d’urbanisme, les objectifs s’appliquent aux collectivités concernées de manière contraignante. Il peut ainsi porter un projet de territoire basé sur la transition énergétique.
En 2009, les élus, soucieux des conséquences du changement climatique, chargent le Syndicat – s’occupant du Scot – de porter un Plan climat. Il se traduit dès 2011 par l’embauche d’un animateur Plan climat, puis par le déploiement d’actions structurantes.
Le Scot produit par exemple quantité d’informations sur le territoire pour orienter et suivre les politiques énergétiques locales, comme une analyse de l’impact économique de la consommation d’énergie du territoire.

Couvrir l’ensemble des besoins en énergie des habitants et des entreprises, y compris pour le transport, en planifiant l’augmentation des énergies renouvelables à court terme et moyen terme et en réduisant d’ici 2030 les consommations d’énergie de 25%

Emulation et ambition

Depuis sa création, le Scot travaille en collaboration avec les intercommunalités, et notamment l’agglomération d’Épinal. Elle porte des actions complémentaires et des projets pilotes, par exemple sur l’économie circulaire via la Société d’économie mixte Green Valley. Une dynamique commune à laquelle Michel Heinrich, président de l’agglomération d’Épinal, mais aussi président du Scot et de la Fédération nationale des Scot, n’est sans doute pas étranger.
Car ce sont bien les élus qui ont soutenu la montée en puissance du Scot sur les questions énergie-climat. Ses programmes d’animation visent à favoriser une action ambitieuse, concertée et intégrée des collectivités en matière d’énergie : Conseil en énergie partagé pour les communes, valorisation centralisée des Certificats d’économie d’énergie, mise en ligne d’une plateforme web des mobilités alternatives à la voiture… L’émulation suscitée par ces actions a même appelé la création d’une Agence locale de l’énergie et du climat en 2014.

L’appel à projet Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV) est un bel exemple de cohérence territoriale. Le Scot a proposé aux intercommunalités du territoire de candidater collectivement à l’appel à projet. Le dossier présentait une stratégie globale, traduite par la définition de schémas structurants de transition énergétique et des programmes d’actions opérationnelles portées par les intercommunalités, reflétant la mise en œuvre concrète de la planification énergétique du Scot. Tous ont été labellisés TEPCV en juin 2015 et ont reçu 500 000 euros chacun pour mettre en œuvre ce projet.

Le Scot des Vosges Centrales a été révisé et approuvé en mars 2019. Ses ambitions ? Renforcer l’attractivité du territoire et atteindre l’autonomie énergétique en 2050. L’idée est de « couvrir l’ensemble des besoins en énergie des habitants et des entreprises, y compris pour le transport, en planifiant l’augmentation des énergies renouvelables à court terme et moyen terme et en réduisant d’ici 2030 les consommations d’énergie de 25%. »

Une contribution d’Esther Bailleul, publiée sur le site www.territoires-energie-positive.fr en 2016 et actualisé en octobre 2019

 

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Publication

Cet article est extrait de la revue Notre énergie n°124 – Territoires en transition : à aménager et à ménager

Pour réussir, la transition énergétique suppose de transformer notre vision du monde et des espaces qui nous entourent, afin de puiser dans les excès de notre société de consommation des
leviers efficaces d’économies d’énergie, et transformer les ressources naturelles et renouvelables en énergie. Ainsi, sous le prisme de l’énergie, les territoires et les acteurs qui les animent réinterrogent leurs espaces de vie, leurs patrimoines paysagers et architecturaux. Les projets de planification ou d’aménagement conduisent à leur réappropriation collective. L’implication de tous apparaît comme la clé de voûte des initiatives partagées dans ce numéro de Notre Énergie.

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